The Old Texts - Part 5

Les sources écrites antiques - 5e partie

 

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16th and 17th centuries

Les XVIe et XVIIe siècles

 


Date

Title

Author

Language


 

c.1500

Le jeu des eschés de la Dame, moralisé

 

French

Allegory where the author seems to regret the very great privilege given now to the Queen and the Bishops. He laments saying than now the "prudent and wise Rooks and discrete Knights" are just useless.

Allégorie où l'auteur se plaint de ces nouvelles règles qui donnent tant d'avantages à la Reine et aux Fous. Le texte évoque clairement la "dame enragée". L'auteur se lamente que les "Rochz qui sont les sages et prudens capitaines et les Chevaliers discret ne servent plus de rien".

c.1500

El Escorial MS O III

 

Spanish

A Spanish chess MS preserved in El Escorial (MS O III) contains important problems of modern chess. It is dated exactly in 1500. Author unknown. No relevant connections to previous Spanish texts, except several hints of relations to Italian chess players.

Un manuscrit espagnol anonyme conservé à El Escorial et qui contient des problèmes importants d'Echecs modernes. Il est exactement daté de 1500. Il ne montre pas de relations avec les ouvrages précédents à part quelques mentions à propos de joueurs italiens.

 

c. 1500

De ludo scacchorum (Schifanoia)

 Luca Pacioli

Latin

It is the manuscript of the famous Italian mathematician Luca Pacioli (1445c.-1517c.) which was believed to be lost and which has been recently discovered (announced Dec. 2006) by the Fondazione Palazzo Coronini Cronberg of Gorizia. This manuscript was dedicated to the marquise of Mantova, Isabella d’Este. The 48 papers of the Coronini Manuscript containing numerous practical demonstrations of the game of chess with the solution keys, are perfectly kept and the chess pieces are finely drawn and coloured in black and red ; so finely as to make the discoverer cautiously suspect that it might be the hand of another artist, maybe Leonardo da Vinci as they worked together around the year 1500. This manuscript has raised a lot of interest among in the Chess world as it contains games from both the mediaeval rules and the new (a la rabiosa, "mad" queen) rules which were just introduced at the end of the previous century.

Il s'agit du manuscrit du fameux mathématicien italien Luca Pacioli (1445-1517) que l'on croyait perdu et qui a été retrouvé très récemement (annonce en décembre 2006). Ce manuscrit était dédié à la marquise de Mantoue, Isabelle d'Este. Il comprend 48 pages de démonstrations pratiques avec de magnifiques illustrations en noir et rouge. Il serait possible que ces illustrations soient de la main de Léonard de Vinci car les deux hommes travaillaient ensemble autour de l'an 1500. Ce manuscrit a suscité un grand intérêt dans le monde échiquéen car il contient des parties jouées selon les anciennes règles médiévales et d'autres selon les nouvelles règles, dite de la Dame enragée, qui venaient juste d'être introduites à la fin du siècle précédent.

 

c.1500

Tithitattva

Raghunandana

Bengali Sanskrit

This text, from the end of 15th or beginning of 16th c., tells the story of Yudhishthira, devoured by the passion of the game, who having lost at dice both his kingdom and his wife, Droopudee, then having earn them back, wanted to learn how to play Chaturanga (4-Handed, with dice) in order to bet them again.  Vyasa, his assistant, taught him the rules and gave him some invaluable advices.  Nevertheless, Yudhishthira still lost at this game dominated by chance. He then left in exile in a deep forest along with his four brothers.
According to a theory launched by Sir William Jones in 1790 then taken again by Hiram Cox in 1801 and Duncan Forbes in 1855, it was believed that this text was composed before our era and that the game it describes was, consequently, the ancestor of all Chess form (this was Cox and Forbes conclusion, Jones was thinking differently).  The history was very beautiful, too beautiful surely because, even nowadays, many authors still hold it for historical truth and continue to perpetuate it in spite of all serious work ( since van der Linde in 1874 or Murray in 1913) which incontestably showed that
Chaturanga for 4 players with dice was not the predecessor but a mere variant of the reasoned game for 2 players.  
The misunderstanding comes from the fact that this text was mistakenly confused with the Bhavishya Purâna, a Sanskrit text belonging to the long poem entitled "
Mahâbhârata" made up towards 550 - 500 BC.
Nevertheless, it remains the extraordinary longevity of this variant, already described in 1030 by
al-Bêrûnî and still played in India in the 20th century.

Ce texte de la fin du XVe ou début du XVIe siècle, raconte l'histoire de Yudhishthira, dévoré par la passion du jeu, qui ayant perdu son royaume et son épouse, Droopudee, aux dés, puis les ayant contre toute attente retrouvés, voulu apprendre à jouer au Chaturanga (avec dés et pour 4 joueurs) pour les jouer à nouveau. Son assistant Vyasa lui apprit les règles et lui donna quelques conseils précieux. Néanmoins, Yudhishthira perdit encore à ce jeu dominé par le hasard et partit ensuite s'exiler dans la « foret » avec ses quatre frères.
Selon la théorie lancée par Sir William Jones en 1790 puis reprise par Hiram Cox en 1801 et Duncan Forbes en 1855, on a longtemps cru que ce texte était antérieur à notre ère et que le jeu qu'il décrit était, par suite, l'ancêtre de tous les Echecs. L'histoire était très belle, trop belle sûrement car même de nos jours de nombreux auteurs la tiennent encore pour vérité historique (surtout en France hélas, Lhôte, Giffard /Biénabé ou Péchiné) et continuent de la perpétuer en dépit de tous les travaux sérieux qui, depuis van der Linde en 1874 ou Murray en 1913, ont incontestablement montré que le Chaturanga pour 4 joueurs avec dés n'était pas le prédécesseur mais une simple variante du jeu raisonné pour 2 joueurs.
Le malentendu vient du fait que ce texte a été confondu par erreur avec le Bhavishya Purâna, texte sanskrit faisant partie du grand poème intitulé « Mahâbhârata » dans son ensemble composé vers 550 - 500 av. J-C.  
Il reste quand même l'extraordinaire longévité de cette variante, décrite en 1030 par al-Biruni et encore jouée en Inde au XXe siècle.

 

c.1500

Chaturangadîpikâ

Sûlapâni

Sanskrit

Another text from the end of 15th or beginning of 16th c, attributed to Sulapani and which also gives the rules of the Four Handed game.

Un autre texte de la fin du XVe ou début du XVIe siècle et attribué à Sulapani qui traite lui aussi des règles du jeu pour 4 joueurs.

 

1505-1510

Göttingen Manuscript

 

Latin

Probably of Spanish origin, this manuscript appears as an attempt to spread the new Chess outside Spain, possibly in France as the Chess problems it contains are illustrated with diagrams with the pieces represented with their initial in French. It deals exclusively with the new game. It is conserved in the Göttingen library in Germany. Many historians thought and think that Lucena himself was the author of this manuscript.

Probablement d'origine espagnole, il pourrait être une tentative de répandre les nouvelles règles hors d'Espagne. Il traite exclusivement du nouveau jeu et ses problèmes sont illustrés de diagramme où les pièces sont repérées par leur initiale en français. Le manuscrit est conservé à la bibliothèque de Göttingen en Allemagne. Plusieurs historiens ont émis l'hypothèse que cet ouvrage serait du à Lucena lui-même.

 

1507

Schachzabel

 Jacob Mennel

German

An important source, from Constance, describing the rules of the old game as played in German lands. This text has been republished twice, by Köbel from Oppenheim (c. 1520) and Egenolff from Frankfurt (1536). It is an abbreviation of the Schachzabellbuch (von Ammenhausen).

Bien que décrivant tardivement les anciennes règles du jeu, ce texte composé à Constance reste une source importante pour comprendre le jeu qui se pratiquait en Allemagne. Il fut re-publié deux fois, par Köbel de Oppenheim (vers 1520) et par Egenolff de Francfort (1536). Il est essentiellement l'abbréviation du Schachzabellbuch de von Ammenhausen.

 

1511

The Munich Manuscript

 Joannes Chachi

Italian

A treatise with mediaeval Chess problems (old rules) from Joannes Chachi from Terni in Umbria. Was accompanying a Latin treatise about Rythmomachy written by an Englishman at the instance of the Archbishop of York (1465-76).

Un traité compilant des problèmes d'Echecs médiévaux (selon les vielles règles) par Joannes Chachi de Terni en Ombrie. Ce traité figurait sur un traité latin sur la Rithmomachy, écrit par un Anglais à la demande de l'Archevêque de York (mort en 1476).

 

1512

QVESTO libro e da imparare giocare a scachi et de li partiti

 Pedro Damiano

Italian

Written in Italian by the Portuguese chemist Pedro Damiano. It is the first treaty of quality about the new European style of play. It is very likely that Damiano was a pseudonym. José Garzon affirms that the true author of this treatise was ... Francesch Vicent!

En 1512 parait ce livre écrit en italien par le pharmacien Portugais Pedro Damiano, premier traité de qualité sur le nouveau jeu européen. Il est fort probable que le nom Damiano soit un pseudonyme. José Garzon estime que derrière ce nom se cache: Francesch Vicent !

 

1513

Scacchia, Ludus

 Hieronymus Vida

Latin

Long Latin poem wrote in 1513 by the Italian Hieronymus Vida. He tried to suggest more significant names for the pieces like the Archer for the Alfin (the Bishop) and the Elephant, then the Tower for the Rook.  This last denomination will be used in French (Tour) and will lead to the verb "to castle" in English even though nothing proves that it is due to Vida.

Long poème de l'Italien Jérôme Vida, écrit en latin en 1513, où il tente de proposer des noms plus significatifs pour les pièces comme l'Archer pour l'Alfin (le Fou) et L'Eléphant, puis la Tour pour le Roch. Cette dernière dénomination s'imposera en français et donnera "to castle" en anglais même si rien ne prouve que Vida y soit pour quelque chose.

 

1520

Schachtzabel Spiel

 Jakob Köbel

German

A treatise with mediaeval Chess problems (old rules).

Un traité compilant des problèmes d'Echecs médiévaux par un docteur de l'Université de Paris selon les vielles règles.

 

<1522

 Meng ru shenji
(Dreaming of entering the realm of divine strategy)

anonymous

Chinese

Publication of a collection of Xiangqi problems. (70 short end-games and solutions).

Recueil de problèmes (il y en a 70) sur le Xiangqi parait en 1522.

 

1522

 Bai bian xiangqi pu
(Xiangqi Manual of a hundred transformations)

Zulong shi

Chinese

Another publication of a collection of Xiangqi problems.

Autre recueil de problèmes sur le Xiangqi.

 

1524

(...)

 Gerolamo Cardano

Italian

A lost treatise from this very famous Renaissance mathematician. Composed in 1520-1522 but finally published in 1524. The Spanish historian Ricardo Calvo has demonstrated that the few words we know from this work indicates that Cardano had read the famous Vicent's book, the 1st treatise ever published about modern Chess in 1495.

Un traité perdu du fameux mathématicien italien de la Renaissance. Composé vers 1520-1522 mais paru qu'en 1524. L'historien espagnol Ricardo Calvo a démontré que les rares indices que nous connaissons de cet ouvrage indiquent que Cardan avait lu le fameux traité de Vicent paru en 1495, le premier consacré aux échecs modernes.

 

c. 1528

Sogo Ozoshi
(Collection of mores and etiquette)

 Ise Sayadori

Japanese

Ise Sayadori was a poet from the end of Muromachi period (1392-1573). In his Sogo Ozoshi, he gave the following protocol for Shogi: "When you face your shogi opponent open the box containing the pieces and put the pieces on the board...to finish setting them up too quickly is a breach of politeness. It is also impolite to be too slow and to make the opponent wait. Practice therefore so that you can set up the pieces in just the right time. This applies also to both middle shogi and little shogi". This reference to little Shogi is important for the word "Shogi" by itself means large Shogi (Dai Shogi) at that time.

Ise Sayadori était un poète de l'ère Muromachi (1392-1573). Dans son Sogo Ozoshi, il dressa le protocole suivant pour jouer au Shogi: "Quand vous affrontez votre opposant, ouvrez la boîte contenant les pièces et mettez les pièces sur le plateau... pour finir, les poser trop rapidement est une marque d'impolitesse. Il est également impoli d'être trop lent et de faire attendre votre opposant. Entrainez-vous de façon à savoir placer les pièces dans un temps convenable. Ceci s'applique aussi au Shogi intermédiaire et au petit Shogi". Cette référence au petit shogi est capitale car elle montre que le mot "Shogi" seul signifiait le Grand (Dai) Shogi à cette époque.

 

<1540

 Jinpeng shiba bian
(18 variations of the Golden Garuda)

 anonymous

Chinese

Another publication of a collection of Xiangqi problems.

Autre recueil de problèmes sur le Xiangqi.

 

1530-40

Sensuit Ieux Partis des eschez

 ?

French

A treatise with mediaeval Chess problems (old rules) printed by Denis Janot the younger in Paris.

Un traité compilant des problèmes d'Echecs médiévaux (selon les veilles règles) imprimé par Denis Janot le jeune, à Paris.

 

1530-50

"Paris manuscript"

 Lucena

French & Catalan

Discovered in 1922, this 84 pages text contains 28 chess problems and an analysis of 20 openings and bears Lucena's signature ("Luzena" in black ink, with an initial rubric in red). The Paris manuscript, as it is known, is written in a mixture of old French and Catalonian.

Découvert en 1922, ce texte de 84 pages contient 28 problèmes et l'analyse de 20 ouvertures. Signé "Luzena" à l'encre noire avec l'initiale en rouge, il est écrit dans un mélange de Français et Catalan.

 

<1550

Hariharachaturanga

Godâvaramisra

Sanskrit

Text concerned with military matters, written by Godâvaramisra, scholar and court poet of Indian king of Orissa (gulf of Bengal), Prataparudradeva (reigning 1497-1540). It gives rules of a large chess variant on a 14x14 board with 32 pieces for each side. Here, the King is the most powerful piece as he can move like a Queen. Other pieces have ankward moves as well. There are a Crown Prince, a Minister, a Commander, four Horses, four Chariots, four Elephants, four Sword-Bearers, four Spear-Bearers, four Archers and four Machinists. [I possess the full A.Bock-Raming's paper which is written in German. Any help to translate it will be greatly apreciated]

Texte consacré à des sujets militaires, écrit par Godâvaramisra, érudit et poète de cour du roi indien Pratâparudradeva (règna sur Orissa, dans le golfe du Bengale, de 1497-1540) et dont le 8e chapitre décrit avec détail les règles d'une variante agrandie sur un échiquier de 14x14 cases avec 32 pièces dans chaque camp. Ici le Roi est la pièce la plus puissante car il se déplace comme une Dame. D'autres pièces ont également des mouvements inhabituels. Il y a un Prince, un Ministre, un Commandant, 4 Cavaliers, 4 Chariots, 4 Éléphants, 4 Soldats avec épée, 4 Lanciers, 4 Archers et 4 Artilleurs. [Je possède l'article détaillé de A. Bock-Raming, mais celui est en allemand. Toute aide pour le traduire sera la bienvenue]

 

1570

 Shiqing yaqu
(An elegant interest that suits one's temperament)

 Xu Zhi

Chinese

Apparition of a ten-volume book containing 550 end-games with solutions and some complete games.

Un recueil en 10 volumes de 550 problèmes et exemples de parties de Xiangqi parait en 1570.

 

<1577

 Bigan nikki sô
(Outline of the diary of Miam)

 Yu Hûi-ch'un

Korean

Diary or footnotes (published under the Japanese title "Bigan nikki sô") saying that the author, the Korean Yu Hûi-ch'un (1513--1577) played Sanggi (written with the Chinese characters for Xiangqi) against his acquaintance Kim Yo. We do not even know what kind of chess (Xiangqi or Changgi?) these two played.

Notes (publiées sous un titre japonais) racontant que leur auteur, le Coréen Yu Hûi-ch'un (1513--1577), aurait joué au Sanggi (écrit avec les caractères chinois pour Xiangqi) contre un certain Kim Yo. On se sait pas à quel jeu, Xiangqi ou Changgi, ils jouèrent.

 

<1599

 Kyônham chamnok
(Different notes to pass the time)

Sim Su-kyông

Korean

The 16th century author Sim Su-kyông (1516-1599) describes for the first time the materials that were used to make Changgi (Korean Chess) pieces. He said that Changgi pieces were mainly made from wood, with carved characters that are filled with paint or lacquer. However, it is not known when Changgi pieces got the octagonal shape they have today.

Sim Su-kyông (1516-1599) fit la première description des pièces du Changgi, les échecs coréens. Il décrit des pièces en bois avec des caractères gravés puis peints ou laqués. Toutefois, on ne sait pas quand les pièces du Changgi prirent la forme octogonale qu'elles ont aujourd'hui.

 

<1600

Chaturangastaka

Melputtur Narayana Bhattathiri

Sanskrit

A recently described work by the celebrated scholar poet Melputtur Narayana Bhattathiri of Kerala, who belonged to the second half of the 16th century. The pieces include Footmen (Patti), Chariot (Ratha), Horse (Turaga), Elephant (Danti), Minister (Mantri) and King (Deva). The moves it describes are exactly those of the primitive Indo-Persian game. The Chariot moves like a Rook, the Elephant jumps one square diagonally and the Minister moves one step diagonally. Only the first Footman can move two squares forward. Other Keralan source from the 16th century are Punam Namboodiri's Ramayana Campu and the anonymous Candrotsava.

Une oeuvre récemment décrite que l'on doit au poète Melputtur Narayana Bhattathiri du Kerala qui vécut dans la seconde moitié du XVIe siècle. Les pièces comprennent des Pions (Patti), Chariots (Ratha), Elephants (Danti), Chevaux (Turaga), Ministre (Mantri) et Roi (Deva). Les mouvements décrits sont exactement ceux du jeu Indo-Persan primitif. Le Chariot se déplace comme une Tour, l'Elephant saute une case en diagonale et le Ministre se déplace d'une case en diagonale. Seul le premier Pion bougé peut avancer de deux cases à son premier mouvement. Deux autres sources du Kerala du XVIe siècle sont le Ramayana Campu de Punam Namboodiri et l'anonyme Candrotsava.

 

c.1600

Nîtimayûkha

Bhatta Nîlakantha

Sanskrit

This is the fifth book of an encyclopedia from South India, the Bhagavantabhâskara written by about 1600 or 1700. It describes with details the South Indian game, said "intellectual game" (Krîdâ Buddhibalâshritâ), which did not known the modern moves yet. Elephants which move like Rooks occupied the corners of the board, close to the Rajah was the Mantri (or Adviser, 1 step diagonally) and close to them were the Camels (jumping 2 steps diagonally).

Ceci est le 5e livre de l'encyclopédie des traditions (Bhagavantabhâskara), des lois et des moeurs politiques, parue entre 1600 et 1700. Il décrit le "jeu intellectuel" (Krîdâ Buddhibalâshritâ) pratiqué alors dans le Sud de l'Inde selon les vieilles règles. Aux angles de l'échiquier se trouvent des Éléphants qui se déplacent comme des Tours, près du Raja se trouve le Mantri (Conseiller, 1 pas en diagonale) et près d'eux des Chameaux (saut à 2 cases en diagonale).

 

c. 1600

The Manuscript Wolfenbüttel

 

German

One of the last treatise dealing with mediaeval Chess problems (old rules).

L'un des derniers traités compilant des problèmes d'Echecs médiévaux selon les anciennes règles.

 

1602

Shogi koma no nikki
(Diary of Shogi pieces)

Minase Kanenari

Japanese

In this diary, the piece maker Minase Kanenari (1514-1602) says that he has produced with his son 618 sets for Sho Shogi, 106 for Chu Shogi, 2 for both Dai Shogi and Dai-Dai Shogi, 3 for Maka-Dai-Dai Shogi and 4 for Tai Shogi between 1590 and 1602.

Dans cet ouvrage, le fabricant de pièces Minase Kanenari (1514-1602) nous apprend qu'il a fabriqué avec son fils, 618 sets de Sho Shogi, 106 de Chu Shogi, 2 de Dai Shogi, 2 de Dai-Dai Shogi, 3 de Maka-Dai-Dai Shogi et 4 de Tai Shogi entre 1590 et 1602.

 

1616

Das Schach- oder König-Spiel

Gustavus Selenus

German

In a chapter of this book published in Leipzig, Augustus, Duke of Brunswick-Lüneburg (1579-1666, known under the pseudonym of Gustavus Selenus), describes three sorts of Chess played in Ströbeck. One of them is Courier Chess (along with medieval and modern games) and this is the account giving all its rules.

Dans un chapitre de ce livre publié à Leipzig, Augustus, Duc de Brunswick-Lüneburg (1579-1666, connu sous le pseudonyme de Gustavus Selenus), décrit trois sortes d'Échecs joués dans le village de Ströbeck, dont les Échecs Courrier (les deux autres sont le jeu médiéval et le jeu moderne). C'est de ce texte que proviennent les règles connues sur cette variante.

 

1617

Il gioco degli Schacchi

Pietro Carrera

Italian

Carrera (1571-1647) published a 640 pages book about Chess where he described a new variety of his invention on a 10x8 board with 2 extra Pawns, a Centauro (b1, b8) moving like Rook+Knight and a Campione (i1, i8) moving like Bishop+Knight.

Carrera (1571-1647) publia un livre de 640 pages sur les Echecs où il proposa une variante de son invention sur un échiquier de 10x8 cases avec 2 pions supplémentaires, un Centaure (sur b1, b8) jouant comme Tour + Cavalier et un Champion (sur i1, i8) jouant comme Fou + Cavalier.

 

<1624

Wuzazu
(Investigations on the five categories of things)

Xie Zaihang

Chinese

Text written by Xie Zaihang (1567 - 1624) at the time of Ming: "Xiangqi, according to tradition made by King Wu of Zhou in the time of his final campaigns against Shang; if that is not so, at least it became popular among military personnel in the time of the contending realms, as in this time chariot warfare was still important". Specialists think today that there is a voluntary or involuntary confusion with the king (wang) Wu (1122-1115 BC) of the dynasty of Zhou whose rise marked the history of China with the modest emperor (di) Wu (580-643 AD) of the dynasty of the Northern Zhou which did not leave large thing in the collective memory.  Except if it were one day shown that it is well under his reign that Chess were invented...

Investigations sur les cinq catégories de choses (Wuzazu) : texte écrit par Xie Zaihang (1567 - 1624) donc à l'époque des Ming. « D'après la tradition orale, le Xiangqi fut inventé par Wuwang de la dynastie des Zhou (qui régna de 1122 à 1115 av. JC) au moment de sa campagne finale contre les Shang. Si tel n'était pas le cas, au moins il devint favorable parmi le personnel militaire au moment des Royaumes Combattants et à cette époque les chariots de guerre jouaient un rôle important ». Les spécialistes pensent aujourd'hui qu'il y là une confusion volontaire ou involontaire entre le roi (wang) Wu de la dynastie des Zhou dont l'ascension a marqué l'histoire de la Chine avec le modeste empereur (di) Wu (580-643) de la dynastie des Zhou du Nord qui n'a pas laissé grand chose dans la mémoire collective. Sauf s'il était un jour démontré que c'est bien sous son règne que les Echecs furent inventés...

 

<1625

 

 Gioachino Greco

Italian

The manuscripts from Gioachino Greco (1600-1634), a skilled player surnamed "il Calabrese", (manuscripts composed in 1623-1625 for his rich patrons in France and England).

Les ouvrages de Gioachino Greco, joueur fameux dit "Le Calabrais" (1600-1634). Il composa ses manuscrits pour ses clients, riches ou nobles gens, en France et en Angleterre entre 1623 et 1625.

 

1632

Juzhongmi
(The Secret Inside the Tangerines)

Zhu Jinzhen

Chinese

As a matter of fact, the title is about Orange or Tangerine. This book represents a summary of remarkable accomplishments with complete games and a collection of 133 end-games. Still a valuable reference for beginners. "There was once an orange field in which two enormous tangerines were grown. When the tangerines were peeled, it was found that inside each two old men were sitting facing each other, playing chess".

Le Secret à l'intérieur de l'Orange (ou de la Mandarine): fameux livre de parties et de problèmes de Xiangqi de l'époque Ming, que l'on doit à Zhu Jinzhen en 1632. Il reste une référence jusqu'à aujourd'hui. Son titre provient d'une légende célèbre: "Deux énormes oranges avaient un jour poussé dans une orangeraie. On les cueillit, on les pela et trouva dans chacune deux vieillards assis face à face et jouant aux échecs à l'intérieur".

 

<1636

Qianqueju Leishu
(Encyclopedia of hidden and real conditions)

Chen Renxi

Chinese

Text from Chen Renxi (1581 - 1636) which attributes the origin of Xiangqi to the time of Contending Realms (475-221 B.C.) "Yong Menzhou said to Mengchangjun: Mylord, if you are at leisure, play Xiangqi; thus it was a thing from the time of the Contending Realms. Because in the strategy of the Contending Realms the people of this time used elephants just as in the board game strategy (qishi)". The prince Mengchang mentioned here was a well-known man who lived in the late third century BC.

Encyclopédie des conditions réelles et cachées (Qianqueju Leishu): écrit par Chen Renxi (1581 - 1636) qui renvoie l'origine du Xiangqi au IIIe siècle av. JC. « Yong Menzhou dit à Mengchangjun : Monseigneur, si vous êtes désoeuvrés, jouez au Xiangqi, ainsi en est-il depuis les Royaumes Combattants (471-221 av.J.-C.). Les gens de cette époque utilisaient des éléphants exactement comme dans le jeu de stratégie ». Le prince Mengchangjun mentionné est connu pour avoir vécu à la fin du 3e siècle av. J.-C.

 

1636

Shogi Zushiki
(Illustrated Shogi)

Soko Ohashi

Japanese

The essential standardised rules of modern Shogi appears in this book by Sokei Ohashi's son, Soko Ohashi . Sokei Ohashi (1555-1634) was, with Honinbo Sansa, the founder of the first professional Shogi school in Japan. Soko Ohashi (1576-1654) was the second lifetime Meijin (Grand Master).

Soko Ohashi, fils de Sokei Ohashi (1555-1634), le fondateur de la première école professionnelle de Shogi avec Honinbo Sansa, écrivit ce livre qui fixe les règles définitives. Soko Ohashi (1576-1654) fut lui-même le second Meijin (grand maître).

 

<1638

 

Chang Yu

Korean

An essay from Chang Yu (1587-1638) constitutes the first known description of the rules of Changgi, the Korean Chess. It is already strictly identical to modern Changgi. Alas, the text says nothing on the shape of and materials used for the pieces.

Un essai du Coréen Chang Yu (1587-1638) constitue la première description connue des règles du Changgi, les Echecs coréens. Il est déjà strictement identique au Changgi moderne. Hélas, le texte ne dit rien sur la forme et la nature des pièces.

 

<1658

Kashf az-zunûn fi asâmî'l kutub wal funûn

Hâjjî Khalîfa

Arabic

A bibliography including a short catalog of chess books. It mentioned as-Sarakhsî, a physician dead in 899 along with as-Sûlî. Khalifa is also the writer of the Royal Asiatic Society of the manuscript believed to be authored by ash-Shatranji around 1400.

Bibliographie dressant un court catalogue des livres d'échecs. As-Sûlî était mentionné, tout comme as-Sarakhsî, un médecin mort en 899 dont on aucun texte n'est parvenu jusqu'à nous. Khalifa est également l'auteur d'un manuscrit de la Royal Asiatic Society dont la paternité pourrait remonter à ash-Shatranji vers 1400.

 

1663

Chu Shogi zushiki
(Illustrated Intermediate Shogi)

Itô Sôkan

Japanese

A description of Chu Shogi which is played over a 12x12 board with 46 pieces per player. Few years later, he published a collection of 50 Chu Shogi problems. Itô Sôkan (1618-1694) was the 3rd Meijin.

Une description du Chu Shogi qui se joue sur un échiquier de 12x12 cases avec 46 pièces per player. Plus tard, le même auteur publia une collection de 50 problèmes du même jeu. Itô Sôkan (1618-1694) fut le 3e Meijin.

 

1683

I Campeggiamenti degli Schacchi

Francesco Piacenza

Italian

Complete title is "I Campeggiamenti degli Schacchi, o sia nuova disciplina d'attachi, difese, e partiti del giucco degli Schachi". Published in Turin, this work proposed, among other things, to use a 10x10 squares board with the ordinary chessmen plus 2 extra Pawns, a Centurion (placed on d1, d10) leaping to any 2nd square (diagonally or othogonally) and a Decurion (placed on g1, g10) with the original move of the mediaeval Queen (or Fers, 1 step diagonally).

De son titre complet, "I Campeggiamenti degli Schacchi, o sia nuova disciplina d'attachi, difese, e partiti del giucco degli Schachi", publié à Turin. Cet ouvrage proposa, entre autres, d'utiliser un échiquier de 10x10 cases avec les pièces standards plus 2 Pions supplémentaires, un Centurion (sur d1, d10) sautant à 2 cases dans toutes les directions, et un Décurion (sur g1, g10) ayant le mouvement de la Dame médiévale (le Fers, 1 pas en diagonale).

 

1689

Mandragorias seu Historia Shahiludii

Thomas Hyde

Various

Thomas Hyde (1636-1703) published his Mandragorias seu Historia Shahiludii in 1689, then his De Historia Nerdiludii in 1694 and then published both books bound together under the new title: De Ludis Orientalibus the same year. The author was Professor of Hebrew and Arabic at Oxford University. The work is written in a mixture of Latin, Hebrew, Greek and sometimes Persian and Arabic. It is the first really scientific treatise about Chess History, it is also the first Chess book to introduce Xiangqi, the Chinese game, to Europeans. Hyde confused the Persian word for Chess, Chatrang, with "satrang", the mandrake plant, the root of which resembles the human figure, and he hence derived his fanciful title of "mandragorias".

Thomas Hyde (1636-1703) publia son Mandragorias seu Historia Shahiludii en 1689, puis un De Historia Nerdiludii in 1694  et les deux titres sortirent alors sous un même volume intitulé De Ludis Orientalibus la même année. L'auteur était Professeur à l'Université d'Oxford et interprète officiel de langues orientales à la cour d’Angleterre. Son oeuvre est écrite dans un amalgame de Latin, Hébreu, Grec et parfois Persan et Arabe. C'est le premier véritable traité scientifique sur l'histoire des échecs. C'est aussi le premier livre sur les échecs à introduire le jeu chinois, le Xiangqi, auprès du public européen. Il semble que Hyde confondit le mot persan pour les échecs, Chatrang, avec le mot "satrang" qui désigne la mandragore, cette plante dont la racine prend des formes humaines. De là découle son titre curieux de "mandragorias" pour son livre.

 

1690

Meihua pu 
(The Plum Blossom Meter)

Wang Zaiyue

Chinese

Another book of complete games with elaborated strategies. Exact date of writing is unknown (during the Kangxi (a Qing emperor) period, 1662-1723).

Un autre ouvrage compilant des parties systématiquement classées et aux stratégies élaborées. La date exacte de sa parution est inconnue.

 

1694

Sho Shogi Zushiki
(Illustrated small Shogi)

Teijin Nishizawa

Japanese

Book from a Buddhist monk describing large Shogi variants (sho shogi, standard shogi, wa shogi, chu shogi, dai shogi, tenjiku shogi, dai dai shogi, maka dai dai shogi, and tai shogi) and showing the old version of the Shogi having a Drunk Elephant on the second rank. The text says: "In the Tenbun era (1532-1555), the emperor Go-Nara ordered to Hino Haramitsu and Ise Sadataka to withdraw the Drunk Elephant." At least two editions are know, from 1694 and 1696.

Le Sho Shogi zushiki de Teijin Nishizawa décrit plusieurs variantes de Shogi (Sho shogi, Shogi standard,Wa shogi, Chu shogi, Dai Shogi, Tenjiku Shogi, Dai Dai Shogi, Maka Dai Dai Shogi et Tai Shogi) inventés par les moines bouddhistes japonais. Il montre aussi un diagramme du Shogi primitif, le Sho Shogi avec un Eléphant Ivre sur la deuxième ligne. Le texte dit : "Pendant l'ère Tenbun (1532-1555), l'empereur Go-Nara commanda à Hino Haramitsu et à Ise Sadataka de faire retirer l'Eléphant Ivre. Il y a au moins deux éditions connues, en 1694 et 1696.

 

1697

Sanyou qipu
(Notes on a boardgame for 3 friends)

Zheng Jinde

Chinese

This work is preserved in the "Zhaodai congshu bieji" (Collection of volumes in the present age) by Zhang Chao and mentions a Xiangqi variant for 3 players. Each player had 18 pieces,  2 extra Flags (moves straight for 2 steps but once it is in enemy territory, it can move any number of steps horizontally or vertically - for Lo - or advances two steps straight followed by a step in diagonal - for Banaschak) and 2 Fires (moves diagonally for 1 step and cannot retreat) which replaced 2 Soldiers. There were also city-walls, mountains and sea on the board.

According to Leventhal, there is another 3-Handed variant from the same Qing era. It is the Sanguo Xiangqi which is played over an hexagonal board with the regular 16-pieces set. However, Murray, citing a 1876 German source, reported that each players had two new pieces named Flag or Fire or Wind (depending on the camp). That new piece advances two steps straight followed by a step in diagonal, without jumping. This game evoked the war of the Three Kingdoms (Wei, Shu, Wu), a famous episode of the Chinese history (221-264). Li affirms that a certain Yao Kung-wu (Chao Gongwu) described this game in 1151, but this is probably the result of a misunderstanding.

Cette oeuvre est conservée dans le "Zhaodai congshu bieji" (Collection de volumes des temps présents) de Zhang Chao et mentionne une variante pour 3 joueurs du Xiangqi. Chaque joueur avait 18 pièces, 2 Drapeaux (avance droit de 2 pas mais une fois dans un camp adverse, bouge orthogonallement comme une Tour - selon Lo - ou avance de deux pas droits suivi d'un pas en diagonale, sans sauter - selon Banaschak) et 2 Feux (1 pas en diagonale et ne peux pas reculer) qui remplacent 2 Soldats. Il y avait aussi des murailles, montagnes et mer sur ce plateau.

D'après Leventhal, il y avait un autre jeu pour 3 joueurs contemporain. C'est le Sanguo Xiangqi, joué sur un plateau hexagonal avec les 16 pièces standards dans chaque camp. Toutefois, Murray, en s'appuyant sur une source allemande de 1876, rapporta que les joueurs avaient 2 pièces supplémentaires appelées Drapeau ou Feu ou Vent, selon le camp. Cette nouvelle pièce avance de deux pas droits suivi d'un pas en diagonale, sans sauter. Ce jeu évoque la Guerre des Trois Royaumes (Wei, Shu, Wu), épisode célèbre de l'histoire chinoise (221-264). Li affirme qu'un certain Yao Kung-wu (Chao Gongwu) decrivit ce jeu dès 1151, mais cela est très probablement erroné. 

 

<1700

Shogi Zushiki
(Illustrated Shogi)

?

Japanese

It has been reported that at least 6 works bear that title of Shogi Zushiki. There is one published before the end of 17th century which describes the setup and moves of standard Shogi, Chu shogi, Dai shogi, Tenjiku shogi, Dai Dai shogi, Maka Dai Dai shogi, and Tai shogi. It also mentions Wa shogi, Tang shogi, seven-person Chinese chess, Ko shogi, and Taikyoku Shogi on 36x36 board! Nothing indicates that it was the same Shogi Zushiki than Soko Ohashi's book published in 1636 (see above). It would be strange if it were the case as Ko Shogi is supposed to have been invented by the Confucian scholar Ogyu Sorai who lived within (1666-1728) only.

Au moins six ouvrages portant le titre de Shogi Zushiki ont été rapportés. Celui-ci publié avant la fin du 17e siècle décrit les pièces et les mouvements du Shogi standard et des variantes Chu shogi, Dai shogi, Tenjiku shogi, Dai Dai shogi, Maka Dai Dai shogi, and Tai shogi. Il mentionne aussi le Wa Shogi, le Tang shogi, qui est le xianxi des sept royaumes, le Ko shogi, et le Taikyoku Shogi sur 36x36 cases ! Il y a peu de chances que ce soit le même Shogi Zushiki que celui écrit par Soko Ohashi et publié en 1636 (voir plus haut). Se serait en effet étrange car le Ko Shogi est attribué au sage confucéen Ogyu Sorai qui vécut en (1666-1728) seulement.

 

<1700

Kokon Shogi Zui

 

Japanese

This book from late 17th century describe enlarged Shogis as well.

Les grands Shogis sont également décrit dans ce livre de la fin du XVIIe siècle.

 


 

References:

Many thanks to Erwann Le Pelleter for precious information on the earliest shogi texts.

 

Part 1

Part 2

Part 3

Part 4

Part 5

25/12/2013