The Old Texts - Part 3

Les sources écrites antiques - 3e partie

 

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11th and 12th centuries

Les XIe et XIIe siècles

 


Date

Title

Author

Language


 

1008

Will of Count Ermengaud
(
Testament du Comte Ermengaud)

 

Latin

 

Another early description of Chess material in Europe. This noble Catalan offered in a 1008 (or 1010) a Chess set to the monastery of Saint-Gilles close to Nimes in South of France.

Le testament du comte d'Urgel (Catalogne) Ermengaud Ier. Ce noble offre en 1008 (ou en 1010) un jeu d'Echecs au monastère de Saint-Gilles près de Nîmes. Ce texte dispute au précédent l'honneur du premier document européen traitant des Echecs.

 

1011

Shâhnâma
(The Book of Kings)

Firdawsî

Persian

Persan national epic begun by Daqîqî (died in into 975) then finished by Firdawsî in 1011. It is the same story than the "Wizârišn î chatrang", i.e. the arrival of Chatrang to the court of Xusraw
Noširwân (Nûrshîrwan) of Persia with an embassy of the king of Kanauj (this town is there explicitly cited by Firdawsî). The wise man which broke the secret of the game is here named Buzûrjmihr.  The game that Persians sent in return was Nard (although the description of this Nard is rather obscure).  
The same book also tells the story of
Gau and Talkhand.  These two half-brothers disputed the crown of a kingdom including the Cashmere and having Sandali for capital.  Gau sought the appeasing but Talkhand was quarrelsome.  However it is him which died at the battle he had caused.  Their mother, May, was then plunged in a very great sorrow and accused Gau of slaying his brother.  In order to explain the war to his mother, Gau invented Chess which she studied night and day without eating until death relieved her sorrow.  Surprisingly  the rules here described by Firdoussi were a variant of Shatranj with a 10x10 board and the addition of a Camel (Shutur) jumping orthogonally to the 2nd square, between Elephant and Horse.

Le Shâhnâma ou « Livre des Rois », épopée nationale persane commencée par Daqîqî (mort en 975) puis terminée par Firdoussi (ou Firdawsî) en 1011 et qui reprend l'histoire de l'arrivée du Chatrang à la cour de Nûrshîrwan de Perse avec une ambassade du roi de Kanauj (Kanyâkubja), ville de la vallée du Ganges. Le sage qui perce le secret du jeu est ici nommé Buzûrjmihr. L'histoire est pratiquement la même que celle du "Wizârišn î chatrang". Le jeu que les Persans envoient en retour est le Nard (bien que cette desription du Nard soit un peu confuse).
Le même livre raconte aussi l'histoire de Gau et Talkhand. Ces deux demi-frères se disputaient la couronne d'un royaume englobant le Cachemire et ayant Sandalî pour capitale. Gau cherchait l'apaisement mais Talkhand était belliqueux. Pourtant c'est lui qui mourut lors de la bataille qu'il avait provoquée. Leur mère, Mai, fut alors plongée dans un très grand chagrin et reprocha à Gau la mort de son frère. Pour expliquer la guerre à sa mère Gau inventa les échecs qu'elle étudia nuit et jour sans manger jusqu'à que la mort la soulage de son chagrin. Détail surprenant : le jeu décrit ici par Firdoussi est une variante du Shatranj avec un échiquier de 10 x 10 cases et l'adjonction d'un Chameau (Shutur), entre Eléphant et Cheval, qui saute orthogonalement à 2 cases.

 

<1021

Ghurar as-siyar
(Ghurar akhbâr mulûk âl-Furs)

ath-Tha'âlibî

Arabic

Arabic prose from ath-Tha'âlibî (961-1038), written between 1017 and 1021, which gives in brief the story of the arrival of Chess at the Persian court and the invention of Nard sent back in India.

Prose arabe de ath-Tha'âlibî (961-1038), écrite entre 1017 et 1021, qui reprend plus brièvement l'histoire de l'arrivée du Chatrang en Perse avec une ambassade du roi de l'Hind et de l'invention du Nard envoyé en retour.

 

<1027

Kirinshô
(Notes about the kirin)

Fujiwara no Yukinari

Japanese

This is the first Japanese mention of Shogi. This text is a seven volume work attributed to Fujiwara no Yukinari (972-1027). Its title evokes the kirin, a mythical animal which was a kind of monstrous winged unicorn. Fujiwara no Yukinari, also known as Gonseki from his court title, was an important civil servant and a remarkable calligrapher. He was part of the sanseki (“the three traces”), a group of three very famous calligraphers during the period of Heian. On the seven volumes that compose this work, only this chapter is dedicated to the shogi. The text is written in Kanbun (classical Chinese annotated with Japanese arrangements) and says: “As far as shogi pieces are concerned, it is necessary to paint them waving the brush, without skimming the piece, in regular style or a style close to the semi-cursive style. The top character must be distinctly written and precisely inscribed within a square and the strokes must be ample. The characters of the narikin are written in a very pronounced cursive style. They are almost similar to kana. Since the pieces are small and difficult to hold, it is necessary to insert them in a support to hold them in hand when writing.” It is then learned that promotion to Gold was already in use (narikin). It is also understood that there are more than one character written on the piece and that the top one is the most difficult to write. This could be understood if the pieces had already the pentagonal shape that they have today were space is narrower for the top character.

However, modern historians think now that this section was added by a writer from a later generation.

Le Kirinshô (notes sur le Kirin, animal mythique, sorte de monstrueuse licorne ailée), attribué à Fujiwara no Yukinari (972-1027) est un ouvrage en sept volumes, qui expliqua comment il fallait calligraphier les pièces au Shogi, les échecs japonais. L’auteur, était un fonctionnaire important et surtout un calligraphe remarquable. Il fait partie des sanseki («les trois traces»), un groupe de trois calligraphes très renommés pendant la période de Heian.

Ce texte est écrit en sino-japonais, appelé kanbun. Le kanbun est en fait du chinois écrit par des japonais, avec des arrangements propres à la langue japonaise. Sa traduction est la suivante: Pour ce qui est des pièces de shôgi, il faut peindre en faisant onduler le pinceau, sans simplement effleurer la pièce, en style régulier ou en style régulier proche du style semi-cursif. Le caractère du haut doit être écrit distinctement et exactement comme dans un carré et les traits du caractère doivent être amples. Les caractères du narikin sont écrits dans un style cursif très prononcé. Ils sont presque semblables à des kana.
Comme les pièces sont petites et difficiles à tenir, il faut les insérer dans un support tout en les tenant en main quand on écrit.

On apprend ainsi que la promotion en Général d’or existait probablement déjà à cette époque. L'expression "Le caractère du haut doit être écrit distinctement et exactement comme dans un carré" montre qu’il y avait plusieurs caractères écrits sur chaque pièce. Elle souligne aussi le fait que le caractère du haut n’est justement pas dans un carré et qu’il est plus difficile de l’écrire que le caractère du bas. Cela pourrait signifier que les pièces de ce jeu avaient peut-être déjà une forme pentagonale.

Il pourrait s'agir de la première apparition du Shogi dans l'histoire mais ce fait est controversé car certains pensent que la section sur ce jeu a été ajouté par un écrivain de la génération suivante.

 

1030

Tahqiq ma li l-Hind
(India)

al-Bêrûnî

Arabic

Account of the Persian al-Bêrûnî's travel to India, written in Arabic about 1030. It is the oldest known document attesting of 4 Handed Indian Chess.  Al-Bêrûnî was born in Khiva into 973, lived in Hyrcania on the edges of the Caspian Sea and died in 1048.  In his book, he described Chaturanga for 4 players where the dice decide which piece to move.  There the Elephant is placed close to the King and sliding in straight line like a Rook. Elsewhere, probably speaking about the regular Chaturanga per 2 players, the Elephant is said to move 1 square diagonally or straight ahead like the trunk and the four feet of the animal.

Récit de voyage en Inde du Persan al-Biruni, écrit en arabe vers 1030, qui est le plus ancien document connu attestant des échecs Indiens pour 4 joueurs. Al-Biruni est né à Khiva en 973, vécut à Hyrcania sur les bords de la mer Caspienne et mourut en 1048. Dans son livre, il décrit le Chaturanga pour 4 joueurs où les dés décident de la pièce à bouger. Là, l'Éléphant est placé près du Roi et glisse en ligne droite comme une Tour. Ailleurs, probablement discutant le Chaturanga classique pour 2 joueurs, l'Éléphant est censé se déplacer d'une case en diagonale ou droit devant comme la trompe et les quatre pattes de l'animal.

 

1045

Will of Ramon Levita
(
Testament de Ramon Levita

 Ramon Levita

Latin ?

Siegfredus Levita was a jew, one of four Ermengaud's testamentary executor. His parent, Ramon Levita from Badalona let a Chess set to his brother.

Le juif Siegfredus Levita était l'un des exécuteurs testamentaires d'Ermengaud. Un de ses parents, Ramon de Badalona, légua un jeu d'échecs à son frère sur un testament daté du 22 octobre 1045.

 

1045

Will of priest Seniofredo
(
Testament du prêtre Seniofredo

 

Latin ?

This priest gave another Chess set to the church of San Julian de Bar in north Catalonia (Spain).

Testatament du prêtre Seniofredo léguant un autre jeu d'Echecs à l'église San Julian de Bar, en Catalogne du Nord.

 

<1047

Xiangqi

Yin Zhu

Chinese

This work written by Yin Zhu (1001-1047) may well be the earliest work dealing with Xiangqi, unfortunately, it is completely lost. Not even a citation has survived. It is known because it was mentioned in the "Wenxian tongkao" (Consecutive examinations of literature), an encyclopedia compiled by Ma Duanlin (1254-1322) in 1317. Chao Gongwu, a scholar from the 13th century, wrote that Yin Zhu's work contained 5 diagrams and that the game was then different from that played in his day.

Cette oeuvre écrite par Yin Zhu (1001-1047) aurait pu être le plus ancien ouvrage décrivant le Xiangqi s'il n'était complètement perdu. Aucune citation n'a même survécu. Elle est connue parce qu'elle est mentionnée dans le "Wenxian tongkao" (Examens successifs de littérature), une encyclopédie réunie par Ma Duanlin (1254-1322) en 1317. Chao Gongwu, un savant du 13e siècle, écrivit que l'oeuvre de Yin Zhu contenait cinq diagrammes et que le jeu était alors différent de celui pratiqué de son temps.

 

c.1050

Ruodlieb

 

Latin

German poem written in Latin by a monk from Tegernsee (Upper Bavaria) which tells how an ambassador sent to negotiate with a king, was obliged to play with him at Chess. (This text was once dated 1030 but 1050 appears now a better estimation, source Eales)

Poème allemand écrit en latin par un moine de Tagernsee (Haute Bavière) vers 1050 qui raconte comment un ambassadeur envoyé pour négocier auprès d'un roi, fut obligé de l'affronter aux Echecs.

 

<1058

 

al-Mâwardî

Arabic

Al-Mâwardî (died 1058) wrote that Shatranj was disapproved by ash-Shafi'i (died 820), the founder of a great Muslim school, not because it leads into error but as a sin of recreation. But if it was not played against the rule of life, ash-Shafi'i saw no problem. He was player himself actually.

Al-Mâwardî (mort en 1058) écrivit que le Shatranj était désapprouvé par ash-Shafi'i (mort en 820), le fondateur d'une grande école coranique, non pas parce qu'il pouvait conduire en erreur mais comme péché de récréation. Mais s'il n'était pas joué contre les règles de vie, il n'y voyait pas de problème. D'ailleurs, ash-Shafi'i était lui-même un joueur de Shatranj.

 

1058

Will of Countess Ermessind
(
Testament de la Comtesse Ermessind

 

Latin

Will of Countess Ermessind of Carcassonne countess of Barcelona, widow of Raymond Borrell, the elder brother of the Count Ermengaud, making the leg of a crystal set of Chess also to the monastery of Saint-Gilles.

Testament de Ermessind de Carcassonne, Comtesse de Barcelone, veuve de Raymond Borell, frère aîné du Comte Ermengaud, faisant le leg d'un jeu d'Echecs en cristal, également pour le monastère de Saint-Gilles.

 

1059

Xiangxi

 Mei Yaochen

Chinese

This poem contains a line referring to the use of ferocious animals, including Elephants, in battle as in the game.

Ce poème contient une ligne faisant référence à l'utilisation d'animaux féroces tels que l'Eléphant à la guerre comme au jeu.

 

1061

Letter to Pope

Cardinal Damiani

Latin

Letter from Cardinal Petrus Damiani (1007-1072) to the Pope Alexander II, complaining about the success of Chess within the people and the indulgence from the bishop of Florence.

1061: Lettre (en latin) du cardinal Petrus Damiani (1007-1072) au pape Alexandre II pour se plaindre du succès grandissant des Echecs et le l'indulgence à leur égard de l'évêque de Florence.

 

<1065

Shinsarugakuki
(Notes on new comic entertainments)

Fujiwara no Akahira

Japanese

The Shinsarugakuki is a comic work of the theater sarugaku (later known as noh theater). Written during the era Kohei (1058–1065) by Fujiwara no Akihira (989?-1066), literate civil servant and important scholar of the Heian period. The history takes place during a night carnival in Kyoto where the different entertainments in vogue at the time take place. Shogi is mentioned among them, along with several musical instrument, sugoruku (the Japanese form of backgammon), the game of Go, dangi (a sort of billiard) and kemari (a ball game).

Le Shinsarugakuki (« Notes sur de nouveaux divertissements comiques ») est une śuvre comique du théâtre sarugaku (qu’on appellera plus tard théâtre ). Ecrite pendant l’ère Kôhei (1058–1065) par Fujiwara no Akihira (989?-1066), fonctionnaire lettré et grand érudit de l’époque de Heian. L'histoire se déroule pendant un carnaval nocturne de Kyoto où prennent place les différents divertissements en vogue à l’époque. L'auteur prend plus précisément pour cadre la famille d'un capitaine de la garde des portes, ses trois femmes, ses seize filles et leurs compagnons et ses neuf fils. Cette grande famille représente des profils variés des habitants de Kyoto avec chacun leur caractère et leurs manières. C’est au détour de la présentation de l’un de ces personnages qu’est mentionné le shôgi: "L’amoureux de la fille onze, tout comme Maitre Ichinomiya et Kakinomoto Tsuneyuki (?), est très doué pour le waka et les instruments de musique, qu’ils soient à vent ou à percussion. Sa grande connaissance du koto, du kin, du biwa, du wagon, du hôkyô, du shakuhachi, du go, du sugoroku, du shôgi, du dangi, du kemari, du tir à l’arc, de la tranche au couteau, de la cuisine, du waka et des poèmes anciens en fait quelqu’un d’impressionnant." Waka désigne différentes formes de poèmes. Le koto, le kin, le biwa et le wagon sont des instruments à corde, le hôkyô un instrument à percussion de type métallophone, le shakuhachi un instrument à vent, le sugoroku un jeu proche du backgammon, le dangi une sorte de billard et le kemari un jeu de balle coopératif. Ainsi ce texte mentionne deux autres jeux de plateau, le sugoroku et le go qui sont apparus au Japon dès le VIIe siècle.

 

ca. 1055-75

Xiangxi shiguang

 Cheng Hao

Chinese

The river was first evoked in Xiangqi in a short poem from Cheng Hao (1032 - 1085). Wagon (Che), Horse (Ma), Deputy General (Pian), Assistant General (Bai) are mentioned. Also, a General-in-chief (Jiang) radiating to all directions from his post. And Soldiers which move diagonally to a pointed corner beyond the river. The moves of the main General and the Soldiers look similar to Western Chess. (Another reference indicates that the author of this poem would be Cheng Jing. Actually, this name could be Cheng Yi, who was the brother of Cheng Hao. Both brothers were famous buddhist philosophs.)

Le premier texte chinois faisant apparaître la rivière dans le Xiangqi est un court poème écrit par Cheng Hao (1032 - 1085). Y sont mentionnés le Chariot, le Cheval, le Général Adjoint, l'Assistant du Général, le Général en chef (qui se déplace vers tous les points) et le Soldat se déplaçant diagonalement une fois franchi la rivière. Ces déplacements ressemblent à ceux des Échecs occidentaux.

   

ca. 1055-75?

Xiangxi shiguang

 Chen Jing

Chinese

Poem of Chen Jing from the Beisong dynasty (960-1126) which affirms that one can learn the military strategy thanks to Xiangxi (xi meant game).  It specifies that the General remains confined in his palace and that the Pawns take on the sides after crossing the river. Chariots and Horses are also mentioned.

Le Xiangxi shiguang : poème de Chen Jing (entre 960 et 1126, dynastie des Song du Nord) qui affirme qu'on peut apprendre la stratégie militaire grâce au Xiangxi (Xi signifie jeu). Il précise que le Général reste confiné dans son palais et que les Pions prennent sur les côtés après avoir traversé la rivière. Chariots et Chevaux sont aussi mentionnés.

 

1068

Will of Arsenda d'Ager,
wife of Arnau Mir de Tost

(Testament d'Arsenda, épouse d'Arnaud Mir de Tost) 

 

Latin ?

Third will from Catalonia (North-East of Spain) which mentions Chess, as an early testimony in Europe.

Troisième testament catalan mentionnant les Echecs, parmi les premiers témoignages de leur présence en Europe.

 

1071

Will of Arnau Mir de Tost
(Testament d'Arnaud Mir de Tost) 

 

Latin ?

Arnau was the Count of Urgel who gave the famous Ager pieces.

Arnaud était le Comte d'Urgel qui légua les fameuses pièces d'Ager.

 

ca. 1071-85

Qiguo Xiangxi ju

Rules of Qiguo Xiangxi

Sima Guang

Chinese

Sima Guang (1019-1086), imperial Minister for the dynasty of Song of North and author of the "Zizhi tongjian" (Full mirror for the use of the rulers), wrote the rules of Qiguo Xiangxi, a huge variant for 7 players on a chess-board with 19x19 intersections (like the game of Weiqi/Go) between 1071 and 1085. Among the 120 pieces in total, there are the Cannons (Pao) which are also found on modern Xiangqi and which appear here for the first time. They are also pieces which moves exactly like the modern Queen and Bishop (to be adopted in European Chess 400 years later). The preface and the colophon of this text have been written by Wang Yimin in 1206. This game evokes the disturbed time of the seven Warring States period (475-221 BC)  in China. It is oldest Xiangqi of any sorts of which we have a complete description.

Sima Guang (1019-1086), ministre impérial de la dynastie des Song du Nord et auteur du "Zizhi tongjian" (Miroir complet à l'usage des gouvernants), écrivit les règles du Qiguo Xiangxi, variante énorme pour 7 joueurs sur un échiquier de 19 x 19 intersections (comme pour jouer au Go) et 120 pièces au total. Parmi ces pièces, on trouve les Canons (Pao) identiques à ceux que l'on trouve de nos jours dans le Xiangqi et qui apparaissent ici pour la première fois. Il y a aussi des pièces se déplaçant comme la Dame et le Fou modernes (adoptés dans les échecs en Europe que 400 ans plus tard). Leventhal indique l'intervalle 1071-1085 pour l'élaboration de ce jeu. La préface et le colophon de ce texte ont été écrits par Wang Yimin en 1206. Ce jeu évoque l'époque troublée des Royaumes Combattants (475-221 av.J.-C.) en Chine. C'est la plus ancienne description complète que nous ayons d'un jeu de Xiangqi.

   

1079

Guang Xiangxi ge xu
(Rules for wide Xiangxi: Foreword
)

 Zhao Buzhi

Chinese

This work has been written by Zhao Buzhi (1053-1110) of the Beisong (Northern Song, 960-1126). Only the preface has been preserved. It contains this text:  "Xiangxi is a game of strategy; Huangdi in his wars used fierce animals in his battle array; as Elephants (xiang) are the strongest of wild animals, the game is called Xiangxi after this strategy". Huangdi is a legendary emperor, traditionally dated back to 2697 to 2597 BC. That text  mentions that the game played when Zhao was young (about 1060-70) used a table of 11x11 with 34 pieces placed on the intersections.  Caution should be used here. Some authors have explained that this game was actually played with 32 pieces, not 34, on the squares of a 10x11 lines board which then corresponds a board of 9x10 squares (a modern Xiangqi board has also 9x10 positions, but placed on the lines). Whatever, Zhao also reported that he tried to invent a game on 19x19 with 98 pieces to increase complexity. It could be the Ko Shogi or Yan Xiangqi.

Préface pour les règles du large Xiangxi : par Zhao Buzhi (1053-1110) de l'époque Beisong (la préface est tout ce qui nous est parvenu de cette oeuvre). Il contient ce texte :  « Le Xiangxi est un jeu de stratégie. Huangdi utilisait des animaux féroces dans rangs pour la bataille. Comme les éléphants (xiang) sont les plus forts de tous les animaux, ce jeu est appelé Xiangxi d'après cette stratégie. » Huangdi est un empereur légendaire, traditionnellement daté de 2697 à 2597 av. JC. Le Guang Xiangxi ge xu de Zhao Buzhi mentionne que le jeu qui été joué quand il était jeune utilisait un tableau de 11x11 avec 34 pièces placées sur les intersections. Cependant, il faut être prudent. D'autres auteurs expliquent que ce jeu se pratiquait en fait avec 32 pièces, et non 34, sur les cases d'un plateau de 10x11 lignes qui correspondait donc à un plateau de 9x10 cases (un échiquier moderne de Xiangqi a aussi 9x10 positions, mais placées sur les lignes). En outre, Zhao affirmait aussi avoir inventé un jeu sur 19x19 avec 98 pièces pour augmenter la complexité. Ceci est certainement le Ko Shogi ou Yan Xiangqi.

 

<1100

Urjûza shi'rîya

al-Habbâriya

Arabic

Long poem on the Shatranj.

Long poème en arabe sur le Shatranj.

 

<1100

 

Abu 'l-Fath Ahmad

Arabic

This author and player was probably from Sistan, today at the border between Afghanistan and Pakistan. He travelled to India, Iraq and East Iran (Khorasan). His work were discovered in 1951 only (Murray did not know him) under three copies of a manuscript, the earliest extant dating from 1665. His text contained legends about chess's origin, poems, puzzles, ten ta'biyat (openings) and 287 mansubat (problems).

Cet auteur et joueur était probablement originaire du Sistan, à la frontière entre Afghanistan et Pakistan actuels. Il voyagea en Inde, Irak et Iran oriental (Khorassan). Son oeuvre a été découverte en 1951 seulement (Murray l'ignorait) sous la forme de trois copies d'un manuscrit. La plus ancienne est datée de 1665. Ce texte contient des légendes sur l'origine des échecs, des poèmes, des puzzles, dix ta'biyat (ouvertures) et 287 mansubat (problèmes). 

 

<1100

Elegia de ludo scachorum

 

Latin

Origin is unknown, now found in 10 manuscripts in Germany, Italy, France and England, with one of them dated of this early date (according to R.Eales). 7 manuscripts were known of Murray who gave a later date (<1200). Gives the rules and names of the piece.

Texte figurant dans 10 manuscrits conservés dans des pays différents, son origine reste inconnue. Il donne les règles et les noms des pièces.

 

<1126

Xuanhe yuzhi gongci

 Emperor Huizong

Chinese

Poem written by Emperor Huizong (or Zhao Ji, 1082-1135, reigning 1101-1126) last from the Northern Song Dynasty, included in the collection "Xuanhe yuzhi gongci". It says that there were ivory pieces to play Xiangqi. The game seemed to use 32 pieces.

Poème écrit par l'empereur Huizong (aussi appelé Zhao Ji, 1082-1135), dernier de la dynastie des Song du Nord, qui régna de 1101 à 1126, appartenant à la collection "Xuanhe yuzhi gongci". Il nous apprend que des pièces en ivoire étaient utilisées pour jouer au Xiangqi. 32 pièces semblent avoir été utilisées.

 

1127

story of Prince Kang

 Cao Xun

Chinese

Cao Xun (ca. 1098-1174) records the story, dated 1127, of the empress mother of Prince Kang who used a Xiangqi piece (a General) for predicting the future of his son. He became Emperor Gaozong. This scene has been painted by Xiao Zhao in 1162. A surviving painting is thought to be authentic and clearly shows the correct board (9x10) 16 black and 16 red pieces.

Cao Xun (1098-1174?) rapporta l'histoire, datée de 1127, de l'impératrice, mère du prince Kang, qui utilisa une pièce d'échec (un Général) pour prédire l'avenir à son fils. Celui-ci devint empereur sous le nom de Gaozong. Cette scène fut peinte par Xiao Zhao en 1162. Une peinture retrouvée et qui pourrait être authentique montre clairement l'échiquier actuel (9x10), seize pièces noires et seize pièces rouges.

 

c.1129

Mânasollâsa
(Joy of the mind)

Someshvara III

Sanskrit

The Mânasollâsa, or "Joy of the mind", from Someshvara III is the oldest complete description of the game (both for 2 and 4 players) in South India. Someshvara III was a King of South India in the beginning of the 12th century. This encyclopedia also contains a first description of "house" cells (cross-cut ?) on an Ashtapada board. Here the Chariot (Ratha) and the Elephant have exchanged their move. The Chariots (going aslant to next but one square) are at the corners of the board. The same text briefly mentions the 4-Handed Chaturanga as a variant.

Le Mânasollâsa ou « Joie de l'esprit », est une encyclopédie en sanskrit écrite par un roi du sud de l'Inde, Someshvara III, du début du XIIe siècle qui constitue la plus veille description complète connue d'Echecs en Inde. Le plateau est un 8 x 8 unicolore mais avec certaines cases servant de "maisons" (marquées d'une croix ?). C'est celui de l'Ashtapada dont il est question. Ici, le Chariot et l'Elephant ont échangé leur mouvement. Les Chariots (sautant à 2 cases en diagonales) sont placés aux angles de l'échiquier. Le même texte mentionne brièvement le Chaturanga à 4 joueurs comme une variante.

 

1129

Choshuki
(Notes from the long autumn)

 Minamoto no Morotoki 

Japanese

The chôshûki was a collection of daily notes written by Minamoto Morotoki no (1077-1136). Minamoto no Morotoki was a talentuous poet and was vice-director of the empress's palace. The empress and her palaces were called choshugu, from which the title of the work. He was counsel intermediate supernumerary (gonchûnagon) to the apogee of his career. His load imposed him to participate in numerous ceremonies of court and religion. His testimony is precious because of his strong knowledge of the court's life. A passage dated of May 20 of the 4th year of the era Daiji (1129) indicates that pieces of shogi were used like instruments of divination (while drawing them by lot) by the emperor.

Le chôshûki est traduit en français par « Notes du long automne ». Ces notes journalières furent écrites par Minamoto no Morotoki (1077 – 1136).  Minamoto no Morotoki était un poète de talent et fut vice-directeur du palais de l’impératrice. L’impératrice et son palais sont chacun désignés par l’appellation chôshûgû, d'où le titre de l'oeuvre. Il fut conseiller intermédiaire surnuméraire (gonchûnagon) à l’apogée de sa carrière. Sa charge lui imposait de participer à de nombreuses cérémonies de cour et de religion. Son témoignage est précieux en raison de sa grande connaissance de la vie de la cour. Un passage daté du 20 mai de la 4e année de l’ère Daiji (1129) indique que des pièces de shogi étaient utilisées comme instruments de divination (en les tirant au sort) par l'empereur.

 

<1139
(published  1210-1221)

Nichûreki
(From the two Chûreki)

 Unknown
(compiling Miyoshi no Tameyasu)

Japanese

The Nichureki is a 13 volumes encyclopedia composed at the beginning of the Kamakura period (1185-1333) but which compiles two previous works, the Shochureki,  and the Kaichureki, both written by Miyoshi no Tameyasu (1049-1139), a noble mathematician of the Heian Court of Heian. Only a part of the original Shochureki is extant today, the rest is only known by the Nichureki. The Nichureki’s author is not known but it is estimated that this work was compiled under the reign of the emperor Juntoku Tenno (1210-1221).

It describes two games, known as Heian Shôgi ("Small Shôgi of the Heian period [794-1185]") with six different kinds of pieces (King, Gold General, Silver General, Knight, Lance, and Pawn), and Heian Dai Shôgi ("Large Shôgi of the Heian period") with 13 different pieces. The move of the pieces of the first game are already those of the current Shôgi except than the Rook and the Bishop are missing. The pieces are promoted to Gold General by reaching the opposing promotion zone like today. Nothing is said about the total number of pieces nor the dimensions of the board nor the initial set-up. Reconstruction has been proposed on 8x8, 9x8 and 9x9 (with an extra Gold) squares.
The second game,
dai shogi, is presented like an innovation. It is played on a 13x13 board with, according to reconstruction, 68 pieces. They are: Jewel Generals (Gyokusho = King), Gold Generals (Kinsho), Silver Generals (Ginsho), Katsura Horse (Keima = Knight), Copper Generals (Dosho), Iron Generals (Tetsusho), Lances (Kyosha), Side Mover (Ouko), Ferocious Tiger (Mouko), Flying Dragon (Hiryu) "which bounds in the four diagonals", Running Chariot (Honsha) which "moves forward and backward without limit", an Armed Coolie (Chunin = Go Between of Chu Shogi). The Running Chariot and the Flying Dragon could be the ancestor of modern Rook and Bishop at shogi.

Le Nichûreki, encyclopédie japonaise achevée entre 1210-1221 et qui compile deux oeuvres plus anciennes, le Shochureki et le Kaichureki, toutes deux écrites par Miyoshi no Tameyesu (1049-1139), un noble mathématicien de la court Heian. Ces deux textes sont perdu pour l'un et très incomplet pour l'autre, et ne nous sont connus que par le Nichureki qui est ultérieur. L'auteur du Nichureki est inconnu. Ce texte fait état de deux formes d'échecs, dits Heian Shogi (la période Heian s'étend de 794 à 1185). Le premier apparaît comme le jeu standard de l'époque. Les mouvements des pièces sont déjà ceux du jeu actuel mais la Tour et le Fou sont absents. Les pièces sont promues en Général d'Or en atteignant la zone de promotion adverse. Rien n'est dit sur le nombre total de pièces ni sur leur arrangement initial ni sur les dimensions de l'échiquier mais celui-ci a pu être reconstitué avec 8x8 ou 9x8 (avec une Général d'Or supplémentaire) cases. Le second jeu, le Heian Dai Shogi ou O-shogi, est présenté comme une nouveauté. Il est joué sur un 13x13 cases avec 68 pièces dont peut-être la Tour et le Fou.

  

1148

Alexiad

 Anna Comnena

Greek ?

First Byzantine reference dated and identified.  It is the biography of the Emperor Alexis Comnena (died in 1118) by his daughter, Anna Comnena (died in 1148).  She wrote:  "he had certain familiar friends with whom he played Zatrikion, a game that was discovered in the luxury of Assyrians, and was brought to us".

Première référence byzantine datée et identifiée. Il s'agit de l'Alexiade, biographie de l'empereur Alexis Comnène (mort en 1118) par sa fille, Anne Comnène (morte en 1148). Elle écrivait: "il avait des amis avec lesquels il jouait au Zatrikion, un jeu découvert dans le luxe des Assyriens qui nous l'ont transmis".

 

1149

Râjataranginî

Kalhana

Sanskrit

The Rajatarangini from Kalhana was a chronic of Kahsmiri kings written in 1148/9. It alludes briefly but clearly to the 4-Handed Chaturanga: "The king, though he had taken two kings (Lothana and Vigraharâja), was helpless and perplexed about the attack on the remaining one, just as a player of chess (who had taken two kings and is perplexed about taking the third). He had no hidden plan (of game) to give up for its sake (his figures). Yet he did not pay any regard to his antagonists who were taking his horsemen, peons and the rest" (Translated M.A.Stein, Westminster 1900, cited by H.J.R. Murray, HoC, 1913, p68).

Le Rajatarangini est une chronique des rois du Cachemire, composée en 1148/9 par Kalhana, qui évoque très rapidement, mais très clairement, le Chaturanga pour 4 joueurs.

 

<1150

Pingzhou ketan
(Leisurely talks from Pingzhou)

 

Chinese

In this early 12th text there is a mention of foreigners (most likely Persian or Arabian merchants) playing chess with pieces "unlike Horse and Chariot, made from ivory, rhinoceros horn and aloes wood", possibly meaning carved pieces.

Dans ce texte du début du 12e siècle, est fait mention d'étrangers (probablement des marchands arabes ou persans) jouant aux échecs avec des pièces "différentes des Chevaux et des Chariots, faits d'ivoire, de corne de rhinoceros ou de bois d'aloès". Cela pourrait désigner des pièces figuratives en trois dimensions.

 

< 1150

Winchester Poem

 

Latin

36 lines poem conserved in Oxford describing the game. The Queen is named "regina" but when the Pawn promotes, it becomes a "ferzia". Also noticeable is the "calvus", Bald-Head, possibly an allusion to the tonsured clergy and then a forerunner of the Bishop.

Poème de 36 lignes conservé à Oxford qui décrit le jeu. La Dame est appelée "regina" mais lorsque le Pion est promu, il devient une "ferzia". Le Fou est ici un "calvus", le Chauve, peut-être une allusion à la tonsure en vigueur dans le clergé qui annoncerait l'Evêque (Bishop), nom donné à cette pièce en anglais.

 

<1155

Dama tujing
(The hitting horse)

 Li Qingzhao

Chinese

Another source from the Northern Song period is the Dama tujing from Li Qingzhao (1083-1155?), a poetess who inserted a drawing of a Xiangqi board in her work. This board, depicted for the second time, is similar to the present Xiangqi one.

Une autre référence contemporaine des Song du Nord est le Dama tujing « Le tableau du cheval qui rue » de la poétesse Li Qingzhao (1083-1155?) qui montre le dessin d'un échiquier de Xiangqi, dépeint pour la deuxième fois et qui est identique à celui d'aujourd'hui.

 

<1156

Taiki

Fujiwara no Yorinaga

Japanese

Diary of Fujiwara no Yorinaga (1120-1156), written between 1135 and 1156. He affirmed having played at Dai Shogi.

Journal de Fujiwara no Yorinaga (1120-1156), ministre du Droit, mentionnant avoir joué au Dai Shogi.

 

<1156

Linjiangxian
("The Immortal of Linjiang")

 Cai Shen

Chinese

Poem by Cai Shen (1088-1156) evoking the pieces of Xiangqi. It belongs to the cycle "Linjiangxian", which is part of the collection "You gujushi ci" ("Poems of two Scholars of Old"), that has been included into the collection "Song liushi mingjia" ("Six famous Song poets").

Poème de Cai Shen (1088-1156) évoquant les pièces du Xiangqi. Il s'intégrait dans le cycle "Linjiangxian", lui-même faisant partie de la collection "You gujushi ci" (Poèmes des deux lettrés agés), qui était inclus dans la collection "Song liushi mingjia" ("Six fameux poètes de l'époque Song").

 

c. 1160

Quirinalia

 Metellus

Latin

Short reference to Chess by Metellus, a monk from Tegernsee (Upper Bavaria). It relates the death of a young Bavarian noble at the court of Pepin The Short (Charlemagne's father), struck by a Chess Rook (rocho) in a dispute while playing at Tabula (Backgammon or Chess with dice?).

Brève référence aux Echecs par le moine Metellus de Tegernsee (Bavière). Elle évoque la mort d'un jeune noble bavarois à la cour de Pépin le Bref, frappé par une Tour (rocho) pendant une dispute lors d'une partie de Tabula (Backgammon ou Echecs aux dés?).

 

<1162

 

 Yuxian

Chinese

The monk Yuxian, writing between 1131 and 1162 described the Po Luo Sai game, thus named from a Sanskrit term meaning troops, i.e. the game of troops. He said that this game has lines drawn on a board, separated in the middle by a river, and each side having 16 pieces: soldier, catapult, chariot, horse, elephant, etc. He added: "it is commonly known as Xiangji (Xiangqi).

Le moine Yuxian qui écrivait entre 1131 et 1162, décrit le jeu de Po Luo Sai, ainsi nommé d'après un terme sanscrit signifiant "troupes", c'est à dire, le jeu des troupes. Il écrivit que ce jeu se jouait sur les lignes d'un plateau séparé en son milieu par une rivière. Chaque camp possédait 16 pièces : soldat, catapulte, charriot, cheval, éléphant, etc. Il ajouta que ce jeu était communément connu comme le Xiangji (Xiangqi).

 

<1167?

poem

 Abraham ibn Ezra

Hebrew

First reported by Hyde, this poem is found in several manuscripts, the elder being dated from 1450. It has been argued - and this is possible - that its author was the Spanish rabbi Abraham ibn Ezra (c.1092-1167). It refers to obsolete moves such as the Queen's leap at first time of play. The colors are symbolized by black being the Ethiopians versus white being the Edomites.

Hyde fut le premier à s'intéresser à ce poème hébreux que l'on retrouve dans plusieurs manuscrits, le plus ancien étant daté de 1450. Toutefois, certains l'attribuent au rabbin espagnol Abraham ibn Ezra (vers 1092-1167) ou à un de ses contemporains. En effet, il décrit des mouvements anciens tels que le saut de la Dame à son premier mouvement. Les couleurs sont symbolisées par l'affrontement entre les noirs (les Ethiopiens) et les blancs (les Edomites).

 

1180-1190

De scaccis

 Alexander Neckam

Latin

A chapter of De Naturis Rerum from the English scholar Alexander Neckam (1157-1217). Attributes the invention of Chess to Ulysses and gives the (old) moves of the pieces, including Queen (regina) and "Old Man" (senex) for the Bishop (also: alphicus).

Il s'agit d'un chapitre du De Naturis Rerum du lettré anglais Alexander Neckam (1157-1217). Il attribue l'invention des Échecs à Ulysse et donne les (anciens) mouvements des pièces, parmi lesquelles la Dame (regina) et le "Veil Homme" (senex) pour le Fou (aussi appelé : alphicus).

 

1183

Tamakiharu

Takegozen

Japanese

The author is a woman. She is born in 1157. Her date of death is ignored but the Tamakiharu ends in 1219 and one supposes that her death arrived shortly after. Takegozen is descended of one widely-known family for their literary talent. The mention of the shogi intervenes at the time of the narration of the year in 1183. This quote is written in Kobun (not Kanbun this time), that means the old Japanese. They just mentioned that they played at Kaioi and Shogi. Kaioi is also known as Kaiawase, a memory game where painted shells should be paired. The person of which he is question is Hachijoin, one of the girls emperor Toba. In the Tamakiharu, Takegozen describes Hachijoin like someone of very casual, that lets her maids make what they want. Her palace was filled regularly of garbage. It is nevertheless the first apparition of a woman player in the history of shogi.

L’auteur est une femme. Elle est née en 1157. On ignore l’année de son décès mais le Tamakiharu prend fin en 1219 et on suppose que son décès est arrivé peu après. Takegozen est issue d’une famille très connue pour son talent littéraire. La mention du shôgi intervient lors du récit de l’année 1183. Cette citation n’est pas écrite en kanbun. Il s’agit cette fois-ci de kobun, c’est-à-dire du vieux japonais. Le kobun est difficile à comprendre dans la mesure où le vocabulaire ainsi qu’une partie de la grammaire sont différents du japonais moderne. Voici la traduction : Rapidement, en tant que servantes, quand nous nous rendions en son palais, tôt le matin, nous lui apportions son repas, nous lui apportions ses vêtements puis, quand elle revenait du jibutsudô, nous installions des tatami et, devant elle, nous jouions au kaiôi, au shôgi, etc…[…].

Le kaioi est aussi connu sous le nom de kaiawase, un jeu de mémoire consistant à appairer des couples de coquillages plats peints avec une image à l'intérieur. La personne dont il est question est Hachijôin, une des filles de l’empereur Toba. Dans le Tamakiharu, Takegozen décrit Hachijôin comme quelqu’un de très désinvolte, qui laisse ses servantes faire ce qu’elles veulent. Son palais était régulièrement rempli de déchets. C’est néanmoins la première apparition dans l’histoire d’une joueuse de shôgi.

 

1185

?

?

Japanese

It is writen that Shogi is forbidden for the monks of the Jingo-ji temple.

Edit des moines du temple Jingo-ji interdisant le Shogi.

 

1199

Meigetsuki

Fujiwara no Teika

Japanese

Diary of Teika Fujiwara mentioning Shogi. Other diaries also mentioned Shogi in 1205 and 1213.

Journal de Teika Fujiwara mentionnant le Shogi. D'autres mentions existent datées de 1205 et 1213.

 

<1200

Codex Benedictbeuren

 

Latin

Only 4 lines and the text is corrupted. This south German poem names the pieces of the game.

Constitué de 4 lignes et encore avec des défauts dans le texte. Ce poème sud-allemand nomme les pièces du jeu.

 


 

References:

Many thanks to Alejandro Melchor for providing me valuable information. Many thanks to Erwann Le Pelleter for precious information on the earliest shogi texts.

 

Part 1

Part 2

Part 3

Part 4

Part 5

22/11/2014